Saturday, September 19, 2009

Welcome/Bienvenue




NOTE: THIS BLOG SITE
IS INACTIVE
AS OF APRIL, 2010.
PLEASE GO TO
mariepierrememorial.com.
THANKS.

ATTENTION: CET SITE INTERNET
NE MARCHE PAS
DEPUIS AVRIL, 2010.
SVP ALLER A
mariepierrememorial.com.
MERCI.




(En francais en bas)

As most of us are too well aware, on Sept. 27 it was one year since Marie-Pierre passed away. Her beautiful light has gone out, but the glow remains -- and it will for as long as she is remembered. That is what I hope we can all do now together -- remember her.

This web page is a virtual memorial celebration of Marie-Pierre. I invite all of you to contribute a special memory (or memories) of her -- an important or beautiful moment that you shared, a fun time that you had together, a trip that you took with her, something she said that made you laugh (or cry). Or, you can add a special feeling or impression you have of her -- what she means to you now, what she meant to you then, how she inspired you -- simply, how you remember her. If it is too emotionally difficult for you to do this, that's OK too. That in itself is a heartfelt tribute. But, if possible, let us take this time to honor her memory by sharing it.
(I can see her smiling, shaking her head and rolling those big, beautiful eyes, but let's do it anyway.)

Instructions
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Marie-Pierre and Lucie (center) with family in Paris, referred to in Lucie's comment to this post.
Marie-Pierre et Lucie (centre) avec la famille, pour le comment de Lucie a cet post.

EN FRANCAIS
Comme la plupart d’entre vous le savent, cetait un an que Marie-Pierre nous a quittés ce 27 septembre 2009. Sa belle lumière s’en est allé, mais son halo demeure – et demeurera tant que nous nous souviendrons d’elle. C’est ce que j’espère nous pouvons faire ensemble : se souvenir d’elle.

Cette page Internet est une célébration virtuelle en la mémoire de Marie-Pierre. Je vous invite donc tous à contribuer à cette célébration par un souvenir (ou plusieurs) que vous avez d’elle – un moment important ou beau que vous avez partagé avec elle, un épisode rigolo que vous avez vécu avec elle, un voyage que vous avez fait avec elle, la façon dont quelque chose qu’elle vous a dit, vous a fait rire (ou au contraire pleurer). Ou bien vous pouvez ajouter un sentiment ou une impression que vous avez d’elle – ce qu’elle signifie pour vous maintenant, ce qu’elle signifiait pour vous alors, comment elle vous a inspiré – tout simplement, quel est le meilleur souvenir que vous avez d’elle. Si cela est trop difficile émotionnellement, il n’y a pas de problème. C’est en fait une contribution venant du cœur. Mais si possible, prenons donc le temps d’honorer sa mémoire ensemble en la partageant (Je peux la voir d’ici en train de faire non de la tête, un sourire aux lèvres, et roulant ses beaux grands yeux… mais peu importe… faisons-le).

Les Instructions
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Friday, September 18, 2009

La prière de Pierre

(English translation below)

Je suis très reconnaissant envers toutes les personnes qui ont ajouté un commentaire sur ce site Internet – et j’espère que ceux qui ne l’ont pas encore fait le feront prochainement – surtout parce qu’un jour Pierre pourra le lire et en apprendre un peu plus sur sa maman et à quel point elle était extraordinaire, et ce qu’elle représentait pour les autres. Quand il sera en mesure de lire ce site Internet, j’espère qu’il se sentira mieux en voyant qu’il a lui aussi partagé quelque chose en laissant un commentaire :

Nous étions en voiture en route pour une messe dédiée à l’anniversaire de la mort de Marie-Pierre. J’ai demandé à Pierre d’essayer d’être calme quand nous serons dans l’église car nous adresserions des prières pour sa Maman. Soudainement, il nous a surpris en nous demandant s’il pouvait dire une prière pour Maman, tout de suite dans la voiture. « Bien sûr », nous avons répondu. Voici ce qu’il a dit, en paraphrasant un peu :

« Chère Maman, je sais que tu es dans le ciel et que tu me protèges d’en haut. Je sais que tu me vois aller à ma nouvelle école, et que tu es heureuse que je sois un grand garçon. Je t’aime et tu me manques, Pierre ».

Tout ce que nous pouvions ajouter était : "Amen". Nous étions tellement étonnés. C’était réellement la première fois qu’il faisait quelque chose comme ça. Il a pris du temps pour choisir les bons mots, et il les a dit de manière très douce – c’était encore plus doux du fait que cette idée venait de lui. Je ne lui ai pas dit que cela n’avait pas été dit comme une prière, mais plutôt comme un message à sa Maman. Mais, vraiment, c’était les 2 à la fois – et une belle bénédiction pour nous. J’espère que vous le ressentirez de cette façon aussi…


English Translation:

Pierre's Prayer

I am grateful to everyone who has added some words to this website -- and I hope those who haven't yet will do so -- especially because someday Pierre will be able to read it and learn more about how wonderful his Mommy was and how much she meant to so many people. When he does, I hope it will make him feel better to read that he, too, was able to share something here:

We were driving to a mass for Marie-Pierre on the eve of her anniversary. I told Pierre to try to be especially quiet when we were in church because we would all be praying for his Mommy. Suddenly he surprised us by asking if he could say a prayer for Mommy, right there in the car. Sure, we said. This is a paraphrase of what he said:

"Dear Mommy, I know you are up in heaven and looking down on me. I know you are seeing me go to my new school, and that you are happy that I am being such a big boy. I love you and I miss you, Pierre."

All we could say was, "Amen." We were stunned. It was really the only time he had done anything like this. He took time to think of the right words, and he said them so sweetly -- it was even sweeter because it was his own idea. I didn't tell him that it wasn't said like a prayer, that it was instead a message to his Mommy. But, really, it was both -- and a beautiful blessing to us. I hope it is to you too.

Wednesday, September 16, 2009

L’histoire de Marie-Pierre: Une mère remplie d’amour, un héritage vivant

Afin de commémorer la mémoire de Marie-Pierre lors du premier anniversaire de son décès, j’ai écrit un article relatant son expérience exemplaire en tant que maman combattant une maladie. Cet article a été publié sur le site Internet de l’Association Américaine des Tumeurs Cérébrales. Vous trouverez ci-dessous un lien vous permettant de lire cet article :

http://hope.abta.org/site/News2?page=NewsArticle&id=7009&security=1&news_iv_ctrl=1442

La traduction en francais (par neice Lucie) de la version originale de cet article est ci-dessous :



Nous avons eu une vie magnifique. Je me souviens du moment où tout a basculé.

C’était le lundi 19 janvier 2004, dans la soirée, quand les techniciens du service d’IRM nous ont empêché de quitté l’hôpital. Nous avions attendu les résultats des tests de mon épouse bien trop longtemps, et je leur ai dit qu’ils dépassaient les bornes. Alors que je me dirigeais vers la sortie de la salle d’attente, ils se sont interposés entre nous et la porte. C’est à ce moment-là que j’ai su que quelque chose n’allait pas. Je ne savais pas alors à quel point.



Ils savaient de quoi il en retournait, mais ne pouvaient pas nous le dire car ils n’avaient pas encore été en mesure d’entrer en contact avec notre médecin traitant afin d’obtenir l’autorisation d’admettre mon épouse. Ce dernier nous avaient envoyé à l’hôpital afin d’y subir un IRM du cerveau, après avoir examiné mon épouse plus tôt dans la journée. Ses 10 derniers jours, elle avait commencé à avoir des maux de tête et d’autres symptômes. Nous avions tous deux pensé qu’il s’agissait certainement d’un problème avec sa grossesse. Elle était alors enceinte de 3 mois. Alors que nous nous rendions au service IRM de l’hôpital, j’avais commencé à suspecter une tumeur au cerveau, mais j’espérais avoir tort. Et c’est tard dans la soirée de ce même jour que j’ai réalisé ne pas m’être trompé. Cela a été la pire nuit de notre vie.


Après avoir subie une opération en Floride du Sud, où nous habitions, et une biopsie que nous avons envoyés à des neurochirurgiens de Boston pour obtenir un 2ème avis, ce que nous espérions être un meningiome a été identifié comme étant un glioblastome multiforme. Nous n’avions encore dit à personne que Marie-Pierre était enceinte de notre 1er enfant, et tout d’un coup, la voilà qui devait faire face à une mort virtuelle. Elle avait 39 ans.


***


Marie-Pierre voulait parcourir le monde. Alors qu’elle n’était qu’une ado, elle commença à réaliser son rêve. A l’encontre des us et coutumes de sa ville rurale située dans la France profonde, elle a quitté la sécurité de sa grande famille, et, durant les 20 prochaines années de sa vie, a parcourue une bonne partie du monde. Sa passion est devenue son métier, et elle est devenue une professionnelle du tourisme, travaillant avec différentes compagnies à Paris et voyageant énormément : Thaïlande, Guadeloupe, Grèce, Indonésie, Maroc, Suède. Elle a même accompagné un groupe de touristes en Chine en 1993.
Elle est devenue le prototype de la carriériste – dédiée, efficace, hautement organisée, confiante et précise. Elle ne voulait pas se marier, ni avoir d’enfants. Mais elle n’était pas seulement ça. Elle était adorablement drôle aussi, avec un sourire magnifique et de grands yeux brillants qui illuminaient son visage expressif et engageant.


A la fin des années 90, elle commença à travailler aux Etats- Unis, où je l’ai rencontré. Puis nous sommes tombés amoureux l’un de l’autre, et nous sommes embarqués pour un voyage rempli d’amour, qui ne pouvait ni être plus beau, ni si prédictible. Nous avions trouvé l’un et l’autre l’amour de notre vie, et l’avons vécu comme tel.


Nous avons eu une vie magnifique.



***



Je me rappelle à nouveau le moment où tout a basculé. C’était lorsque Marie-Pierre a fait un choix concernant sa grossesse.



Alors qu’elle se remettait de sa 1ère opération, nous devions faire un choix. Elle ne pouvait pas suivre de chimio alors qu’elle était enceinte. Des médecins lui ont fortement conseillé d’avorter afin qu’elle puisse commencer le traitement immédiatement. Marie-Pierre était indécise. Je voulais faire tout ce qui pourrait la garder en vie. Mais l’avortement semblait la meilleure solution. Après tout, j’avais déjà 56 ans. Nous avons parlé à un prêtre. Nous étions alors sûrs que l’église accepterait notre décision. Mais même face à notre situation, il nous a dit que l’avortement était condamné par l’église.


Nous étions perdus. Durant ces derniers mois, nous avions accepté l’imminence de notre paternité et maternité, et le changement que cela apporterait à notre vie idyllique. Et voilà que nous devions à nouveau faire un choix, et cette fois, il ne s’agissait plus uniquement de la vie de cet enfant à naître.


Nous avons parcouru un long chemin afin de prendre la bonne décision. Un chemin qui nous a amené à rencontrer une femme qui avait enduré un traitement pour le même genre de tumeur pendant plusieurs mois. On nous avait dit qu’elle allait bien, mais ce n’est pas ce que nous avons pu constater en la voyant. Elle était affaiblie, confuse, et avait le visage bouffi à cause des stéroïdes. Marie-Pierre et moi étions secoués. Pour la 1ère fois, nous avions vu notre futur en face, et nous avions tous les deux le sentiment que cela ne ressemblait pas à un futur du tout. A notre retour de cette visite, un dimanche soir en ce début février, nous avons parlé tous les deux des statistiques prouvant que presque personne ne guérissait de ce cancer, et que la fin fatale ne tardait en général pas trop. Notre seule voie à travers ce chaos semblait être notre foi en dieu, et cette foi nous disait qu’un avortement nous déconnecterait certainement de dieu. Notre seul espoir semblait être de garder cette connexion avec lui.


Quelques jours plus tard, Marie-Pierre a fait le choix de garder son enfant. C’est à ce moment-là que tout a encore changé… pour le mieux – au-delà de ce nous aurions pu espérer. Elle a alors dit pour la 1ère fois : « Ce bébé signifie la vie pour moi ». Elle redira cette phrase plusieurs fois dans sa vie. Sa grossesse n’était pas planifiée, mais – comme nous l’avions enfin compris – elle était destinée.


***


Les mois qui ont suivi ont été miraculeux. Marie-Pierre était sur le point de commencer les rayons, et les docteurs l’avaient assuré que cela causerait seulement des risques limités au fœtus, dans la mesure où elle avait passé les 3 premiers mois de développement, étape cruciale de la grossesse. Nous n’étions pas totalement convaincus, mais nous avions le sentiment qu’il fallait faire quelque chose. Puis, un ami de Phoenix nous a dit qu’il avait entendu parler d’un guérisseur spirituel qui exerçait là-bas et qui réalisait des choses incroyables. Nous avons alors profité d’un décalage dans le planning des radiations, avons fait le plein de foi et nous sommes envolés pour Phoenix. Quand Marie-Pierre a parlé au téléphone avec ce guérisseur c’était la première fois qu’elle se sentait en paix depuis le début de ce chaos. Ce sentiment de paix a été renforcé après leur première rencontre et séance spirituelle. Il nous a alors dit qu’il pensait que Dieu nous avait fait don d’un miracle, que le cancer était parti -- ou du moins « désactivé » -- et que le bébé se portait bien. Il nous a empressé à vérifier ses dires en passant de nouveaux examens médicaux. Durant la nuit, l’état de mon épouse s’était visiblement amélioré. Elle avait recouvré toute son énergie, et ressemblait à nouveau à la personne qu’elle était un mois plus tôt, avant de tomber malade. Nous n’étions pas sûrs de ce qui s’était passé, mais il était certain que quelque chose avait eu lieu. Un rayon de lumière avait enfin transpercé le ciel nuageux qui nous guettait, et nous pouvions à nouveau espérer.


Ce qui a suivi lors de notre retour en Floride nous a impressionnés. Le chef du service de radio-oncologie qui s’occupait de Marie-Pierre au centre de cancer – un homme sur la fin de sa carrière, sympathique et homme de foi – restait sceptique lorsque nous lui avons raconté ce qui s’était passé à Phoenix, et lorsque nous lui avons demandé de refaire un IRM avant de recommencer les radiations. Il nous répondu qu’il était préférable de commencer le traitement immédiatement, mais nous accordé tout de même de passer un autre IRM avant le début du traitement. 2 jours plus tard, il nous a communiqué la bonne nouvelle : l’IRM montrait que ce qui était resté après la première opération chirurgicale avait perdu 25% de son volume. « Apparemment, ce qui s’est passé à Phoenix a aidé » a-t-il dit. Notre neuro-oncologiste n’était toutefois pas convaincu, disant que l’IRM ne reflétait qu’imparfaitement le niveau de guérison d’anormalités postopératoires. Le radio-oncologiste et ses associés quant à eux, restaient confiants quant aux futurs IRMs, qui ont tous démontrés – d’après eux – l’absence de cellules cancéreuses. Le chef du service de radio-oncologie, qui nous avait quelques semaines plus tôt de commencer le traitement immédiatement, a finalement décidé que cela n’était plus nécessaire. Et pour finir, Marie-Pierre pu poursuivre sa grossesse sans suivre de traitement. Quand, bien des mois plus tard, nous nous sommes rendus compte des effets physiques que les radiations avaient sur Marie-Pierre, nous ne pouvions nous empêcher de penser que notre enfant avait été épargné d’une certaine façon.


***


Durant sa grossesse, une transformation a commencé à opérer dans le corps de Marie-Pierre, la changeant en une nouvelle femme. Elle changea de style de vie et de régime, privant la tumeur cancéreuse de la graisse et du sucre dont elle avait besoin pour se développer. Elle commença à avoir une approche holistique de son expérience. Son aspect a changé également car elle perdait du poids, même pendant sa grossesse. Elle était vibrante. Malgré les divers soucis médicaux, sa grossesse a été bien plus heureuse et bienfaisante sur sa santé que ce à quoi on s’attendait. Elle a fait le choix d’accoucher par voie naturelle et a été bénie par un accouchement relativement rapide et sans incidents – si l’on ne compte pas le fait que son petit garçon est né 2 semaines avant terme, et un jour férié en France connu sous le nom de la Bastille. Nous l’avons appelé Pierre.


En relatant notre histoire, je me suis surpris à entendre souvent la réponse « Vous avez eu l’enfant que vous méritiez ». Ce qui a certainement été vrai pour Marie-Pierre. Et il était l’enfant dont nous avions besoin. Le seul souci que nous ayons rencontré avec lui peu de temps après sa naissance a été une jaunisse, qui a été éradiquée en quelques semaines. 3 mois après sa naissance, il dormait tout la nuit durant, habituellement 12 heures par nuit (sans compter la sieste de 2 heures), et ce jusqu’à ses 3 ans. Il n’est pas difficile de comprendre à quel point cette situation était importante pour une maman menant de front un combat contre une tumeur maligne au cerveau. Mais au-delà d’être un enfant facile à vivre, il était aussi un bébé joyeux. Et il nous a fait heureux aussi. A l’occasion de son 1er anniversaire, j’ai composé une chanson en son honneur, intitulée « Heureux d’être en vie ». Il était notre ange.


Evidemment, il y a eu également des moments terriblement difficiles. Le premier a été lorsque sa tumeur est réapparue, 6 semaines après la naissance de Pierre ; nous avons dû le quitter pendant 10 longues journées pour se rendre à un Centre de Tumeur cérébrale afin que Marie-Pierre subisse une 2ème opération. Les 4 années qui ont suivi, elle a enduré 6 semaines de radiation, une 3ème opération – qui l’a laissé temporairement et partiellement paralysée – plusieurs traitements de chimiothérapie et tests cliniques, diverses complications « mineures », des douzaines d’IRM et de scanners PET, sans compter les traitements alternatifs et suppléments, et ce qui semble être une centaine de docteurs et de visites dans des hôpitaux – dont la plupart supposer de voyager à plusieurs centaines de kilomètres de notre maison. Et, bien sûr, son état affaibli l’a poussé à partager son petit garçon avec plusieurs nounous successives, et de ce fait, à manquer beaucoup de moments agréables avec Pierre – bien qu’elle se battait sans cesse contre la nausée, l’épuisement et la douleur, pour prendre soin et profiter de Pierre du mieux qu’elle le pouvait.


Mais malgré ses difficultés, il y avait aussi de bons moments. Que ces moments aient été courts ou longs, ils ont offert à Marie-Pierre (et à nous) ce précieux cadeaux : la normalité – cette sorte de normalité heureuse qu’est de partager sa vie avec son enfant. Et Marie-Pierre – cette carriériste de longue date – s’est transformée en une mère naturelle, qui, j’en suis sûr, l’a surprise elle-même : elle parlait constamment à son bébé dans un petit langage mélangeant français et anglais lorsqu’elle le berçait ou lorsqu’elle le dévisageait ; elle avait ce sourire sublime sur les lèvres lorsqu’elle le présentait à de la famille ou à des amis, ou à un étranger qui s’arrêtait pour dire qu’il était mignon ; en résumé, elle apprenait à être attentive à toutes les choses qui feraient d’elle une meilleure maman. Et c’est ainsi qu’elle expérimenta toutes les choses propres à une maman élevant un enfant, lui montrant à quel point la vie est magnifique – elle a également connu tout l’amour, le bonheur et l’accomplissement qu’une telle expérience entraîne avec elle. Etre une maman qui ne pouvait se permettre de considérer la vie comme acquise, lui a sûrement permis de vivre ses moments plus intensément. Ceci est, je pense, reflété avec beaucoup d’émotion dans la photo accompagnant ce texte, mais aussi dans cet email qu’elle a envoyé à sa famille en France :


« Aujourd’hui, cela fait 3 ans que j’ai subi ma 1ère opération… le 26 janvier 2004 ! Si nous avions écouté les médecins bien intentionnés à cette époque, Pierre ne serait pas là, et ils m’avaient donné 2 ans de survie… Pour fêter nos vies, Pierre et moi avons passé la matinée dans le parc. La météo était fantastique et nous nous sommes beaucoup amusés. De retour à la maison, avant sa sieste, Pierre a joué avec ses chapeaux. »


Dire que Pierre était sa fierté et son Bonheur ne serait pas vain – cela était sa définition même. Les bisous, les sourires, les repas, les « arheu », les cris aigus, les premiers pas, les chutes – rien que le fait de voir son petit garçon assis dans le grand siège d’un avion lors d’un voyage en France – tout la faisait rire, et je suis persuadé qu’elle n’a jamais autant rit de sa vie – même avant qu’elle ne soit au stade terminal de la maladie.


Ah oui, il y a encore le stade terminal de sa maladie. Il y a eu tellement de bons moments vécus, que nous pourrions facilement oublier cette partie là. Mais elle est aussi un chapitre de sa vie, qu’elle a été capable de vivre sous ce nuage menaçant avec joie et une grande ferveur religieuse. Sa foi lui a donné la force de donner naissance à son fils, et c’est son petit garçon qui lui a donné la force de se battre pour sa propre vie. Ce ne fut pas une longue vie, et je ne sais pas si je saurais un jour en comprendre tout le sens. Mais ce dont je suis certain c’est qu’au travers de ses 5 années, elle a fait du mieux qu’elle a pu avec sa vie – et elle l’a transmise. Et, pour un temps précieux, son petit garçon lui le l’a rendu, encore plus belle que ce qu’elle aurait pu imaginer.

Marie-Pierre's Story: A Mother's Love, a Living Legacy

To commemorate Marie-Pierre's memory on her anniversary, I have written a story about her inspirational experience with motherhood and illness, which has been published on the website of the American Brain Tumor Association. Here is the link to this story:


http://hope.abta.org/site/News2?page=NewsArticle&id=7009&security=1&news_iv_ctrl=1442

The original, unedited version of the story follows here:


We had a great life. I remember the moment that it all changed.

It was Monday evening, Jan. 19, 2004, when the MRI technicians prevented us from leaving the hospital. We had been waiting far too long after my wife’s test, and I told them enough was enough. As I started to walk out of the waiting room, they actually moved between us and the door. That was the moment. I knew it was bad. I didn’t know yet how bad.

They knew, but couldn’t tell us because they hadn’t yet been able to contact our primary doctor for authorization to admit her. He had sent us there for a stet MRI of the brain after examining my wife earlier in the day. She had started having headaches and other symptoms about 10 days earlier. At first, we thought there must be a problem with her pregnancy. She was about three months. By the time we got to the MRI, I had begun to suspect a brain tumor, but I was counting on being wrong. As I found out that evening, I wasn’t. It was the worst night of our lives.

After surgery in South Florida, where we lived, and a biopsy that was sent to neurosurgeons in Boston for a second opinion, what we had hoped was a meningioma was confirmed to be glioblastoma multiforme. We hadn’t even told anyone we were expecting our first child yet, and suddenly my wife was handed a virtual death sentence. She was 39.

***

Marie-Pierre wanted to see the world. Still in her teens, she set out to see it. Against the conventions of her rural town in deep France, she left the security of her big family, and, over the next 20 years, she saw a lot of it. Her passion became her career, and she eventually became a tourism professional working with various companies in Paris and traveling extensively: Thailand, Guadeloupe, Greece, Indonesia, Morocco, Sweden. She even took a group to China as far back as 1993.

She evolved into the prototypical career woman – dedicated, efficient, highly organized, confident, exacting. Never married. Never wanted children. But she was not all work. She was fun-loving, too, with a great smile and big, bright eyes that lit up an engaging, expressive face.
In the late ’90s, she began working in the U.S., where I met her. Eventually, we fell for each other and embarked on a 10-year voyage of love that could not have been more beautiful or less predictable. In each other, we each had found the love of our life – and we lived like it.

We had a great life.

***

I remember the exact moment it all changed again. It was the moment Marie-Pierre made the decision about her pregnancy.

Following her recovery from surgery, that decision was staring us in the face. She could not do chemo while pregnant. Some doctors strongly urged her to terminate so she could begin treatment immediately. Marie-Pierre was undecided. I wanted to do whatever we could to keep her alive. And, abortion made sense. After all, I was already 56. We talked to a priest. Surely, we thought, the Church would agree. But even in our dire situation, he said, abortion was not condoned.

We were lost. In the past months, we had worked hard to accept our imminent parenthood and the change it would bring to our idyllic life. Now we had to confront that decision again, and this time, it was not only the child’s life that was at stake.

The road to that decision began on what became a momentous Sunday afternoon in early February, as we drove home from meeting a woman who had endured treatment for the same kind tumor for several months. She was doing well, we were told, but it didn’t seem so to us. She was weak, incapacitated, confused and puffy-faced from the steroids. Afterward, Marie-Pierre and I were shaken. For the first time, we had looked our future in the eye, and we both felt it didn’t look like much of a future at all. We talked about how almost nobody gets out alive with this cancer, and usually it doesn’t take long. Our only way through this appeared to be our faith in God, and that faith was telling us that an abortion might disconnect us from Him. Our only hope seemed to be keeping that connection.

A couple of days later, Marie-Pierre decided to keep her baby. That was the moment everything changed again ... for the better – unimaginably better. She said it then for the first of many times: "This baby means life for me." Her pregnancy wasn’t planned, but – as we came to understand – it was destined.

***

The next few months were miraculous. Marie-Pierre was about to begin radiation of the brain, which doctors assured us would only pose limited risks to the fetus because her preganancy had passed the crucial three-month developmental stage. We were not entirely convinced, but we felt we had to do something. Then a friend in Phoenix told us he'd heard of a spiritual healer there who seemed to be the real thing, and we took advantage of a lag in the radiation setup process, made a leap of faith and flew to Phoenix. Speaking with the healer on the phone had been the first time Marie-Pierre had felt any peace since this ordeal had begun, and after his "energy" session with her, her peacefulness was magnified. He told us that he believed that God had given us a miracle, that the cancer was gone, or at least deactivated, and that the baby was fine. He urged us to have this verified by medical tests. Overnight, my wife's condition improved visibly. She had regained her energy and completely looked and sounded like herself for the first time since she got sick over a month earlier. We were not sure what had happened, but it was clear that something had. At the very least, a glimmer of light had pierced our darkness and a seed of hope had sprouted.

The developments that followed our return home amazed us. The cancer center's chief of radio-oncology, who was treating Marie-Pierre, was an elderly, sympathetic man of faith, yet he was understandably skeptical when we told him what had transpired and asked him to do another MRI before starting radiation. He said we should start treatment immediately but reluctantly agreed to one more test first. Two days later he gave us the good news: The MRI showed that the residual tumor now appeared about 25% smaller. "Apparently what happened in Phoenix helped," he said. Our neuro-oncologist was not persuaded, however, saying that the MRI merely reflected the normal healing of post-surgical abnormalities. The radio-oncologist and his associates, though, continued to be encouraged by the results of followup MRIs, which eventually showed no evidence of cancer, they said. The chief radio-oncologist, who only weeks earlier had urged us to start treatment immediately, finally came to the decision that it was not necessary. Ultimately, Marie-Pierre was able to complete her pregnancy without treatment. Seeing the physical toll that radiation would take on her months later, we couldn't help but believe that, in some way, our child had beeen spared.

***

During her pregnancy, a blissful transformation began to take shape in Marie-Pierre that would eventually flower into a new woman. She changed her lifestyle and diet, starving the tumor of the fat and sugar it craved. She committed herself to holistic approaches. Her appearance changed as she slimmed down – even in pregnancy. She was vibrant. Despite the various medical concerns, her pregnancy was happier and healthier than anyone could have expected. She chose to give birth naturally, and she was blessed with a relatively short, easy labor and a peaceful, uneventful delivery. Uneventful except for the fact that her little boy was born two weeks early on – of all days – the French holiday known as Bastille Day. We named him Pierre.

In retelling our story, I often heard the response, "You get the child you deserve." That certainly proved to be true for Marie-Pierre. And, he was the child we needed. His only difficulty was a case of jaundice, which cleared up in a couple of weeks. After three months, he began sleeping through the night, usually for about 12 hours (not to mention a two-hour nap), which continued until he was 3. It's hard to overestimate how important this was for a mother fighting a malignant brain tumor. But even more than being easy, he was a happy baby. I wrote a song for him on his first birthday, aptly titled "Happy to Be Alive." He was our angel.

Sure, there were a lot of terribly difficult times. The first was when her tumor recurred six weeks after his birth and we had to leave him for 10 days to travel to a brain tumor center for her second surgery. Over the next four years, she had to endure those six weeks of radiation, a third brain surgery that left her temporarily and partially paralyzed, cycle after cycle of different chemotherapies and clinical trials, various other "minor" complications, dozens of MRIs and PET scans, countless alternative treatments and supplements and what seems like hundreds of doctor and hospital visits, many of which required traveling hundreds of miles from home. And, of course, her weakened condition forced her to share her little boy with a succession of nannies and miss out on a lot of the fun – though she struggled through the nausea, fatigue and pain to care for and enjoy Pierre as much as she could.

But despite these difficulties, there were always good times, and thankfully there were more of them than not. Whether they were just a few moments during a bad day or a six-month stretch of mostly good days, they gave Marie-Pierre (and us) that precious gift: normalcy – the kind of abnormally happy normalcy that sharing your life with your child can bring. And Marie-Pierre, the lifelong career woman who never wanted a child, remade herself into the kind of natural mother that I'm sure surprised even her: constantly baby-talking to her little boy in a lilting French-English sing-song; beaming as she cradled him or simply admired him; smiling sublimely as she showed him off to family and friends, or a stranger who would stop to say he was so cute; in short, learning to care about all the things that would make her the best mother she could be. And so she got to do just about all the things that come with raising a child and introducing him to the wonder of life – and she got to experience all the love, happiness and fulfillment that come with it. Being a mother who couldn't afford to take life for granted, she no doubt experienced its simple pleasures more intensely than most. That, I think, is poignantly reflected not only in the photo that accompanies this story, but also in this email that she sent to her family in France:

"Today it's been 3 years since my first surgery... January 26, 2004! If we had listened to the well-meaning doctors at that time, Pierre would not be here, and they gave me 2 years of survival... To celebrate our lives, Pierre and I spend the morning in the park. The weather was fantastic and we had a lot of fun. Back at home, before his nap, Pierre played with his hats."

To say that Pierre was her pride and joy would not be using the phrase casually – rather, it truly defined him. The coos, the cuddling, the kisses, the smiles, the feeding, the babbling, the laughter, the shrieks, the crawling, the steps, the spinning, the falling down – just the sight of her little boy sitting in a big jet plane seat on a trip to France – all of it brought her laughter, and I'm sure she never laughed so much in her life – even before she became terminally ill.

Oh, yes, there it is again -- the terminally ill part. There was so much good, normal time that you could almost forget that part. But it was always there, and yet she was able to live under that cloud with true joyfulness. Her faith gave her the inspiration to give her little boy life, but it was her little boy who gave her the inspiration to fight for and enjoy her own. As it turned out, it wasn't a long life, and I don't know if I'll ever be able to make sense of that, or if the path we took was the right one. But what I do know is that in those nearly five years, she did the best with her life that anyone can do -- she passed it on. And, for a precious time, her little boy gave it all back to her, the best life that she could have ever had.

Tuesday, September 15, 2009

Biographie de Marie-Pierre

Née le 7 avril 1965 de l’union de Marie-Rose et Pierre Moulin à Yssingeaux, une ville du centre de la France, Marie-Pierre a vécu sa vie comme la 9ème des 9 enfants dans une petite ferme familiale. Jeune femme, elle commença une carrière dans le tourisme qui lui inculqua sa passion pour les voyages. En 1998, alors qu’elle travaillait aux Etats-Unis, elle rencontra puis épousa Greg Carannante. Ils ont vécu tous divinement à Hollywood, en Floride. Elle est devenue la Directrice du siège social américain d’une entreprise de tourisme basée à Paris. En janvier 2004, alors qu’elle était enceinte de 3 mois de son fils unique, les médecins lui ont découvert une tumeur au cerveau. Elle a alors fait le choix difficile de garder cet enfant, et, le 14 juillet – un jour férié en France connu comme le Jour de la Bastille – Pierre est né. Pendant les quasis 5 années au cours desquelles elle s’est courageusement battue contre sa maladie, son petit garçon lui a donné plus de bonheur qu’aucune femme n’ait pu avoir. Elle est décédée le 27 septembre 2008, a belle femme, une mère dévouée, une réelle inspiration.








































Le premiere photo is pour le comment de Carole. A lire cet comment, cliquez sur le mot, comments, en bas. (Marie-Pierre est au centre.)

The first photo is for the comment of Carole, Marie-Pierre's neice. To read this comment, click on the word, "comments," below. (Marie-Pierre is at center.)

Le deuxieme photo est pour le comment de maman. A lire cet comment, cliquez sur le mot, comments, en bas. (Marie-Pierre est avec le guide en Maroc.)

The second photo is for the comment of Marie-Pierre's mother. To read this comment, click on the word, "comments," below. (Marie-Pierre is with the guide in Morocco.)